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Un article sur les CO-P (2008)

 

Le journal "Le Monde" a consacré un article sur le  travail de deux de nos collègues.

http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/11/27/l-angoisse-des-eleves-de-terminale-a-l-heure-du-choix-professionnel_1123940_0.html

 

 

L"angoisse des élèves de terminale à l"heure du choix professionnel

 Elève au lycée Charles-de-Gaulle de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Adrien, 17 ans, est désemparé. En terminale STG (sciences et technologies de la gestion), il devra, comme ses camarades, saisir ses choix d"études supérieures sur le site www.admission-postbac entre le 20 janvier et le 20 mars. "Je ne sais pas quoi mettre", confie-t-il.

Adrien voulait faire une première L pour s"orienter en droit, mais ses résultats étaient insuffisants. Sa filière STG, option mercatique, le dirige vers les métiers de la vente et du commerce qui ne l"intéressent pas. " J"ai trouvé un secteur qui m"attire, entre producteur de musique et ingénieur du son, mais ça n"a rien à voir avec ma formation", explique-t-il. En face de lui, Bénédicte Niquège, conseillère d"orientation-psychologue, le rassure : "On va essayer de se rapprocher du secteur qui te plaît par d"autres biais." Elle pense à une licence audiovisuel, arts et technologie mais veut revoir Adrien, seul et avec ses parents.

Elle et son collègue José de Valverde assurent une permanence à raison d"au moins une journée par semaine chacun dans ce lycée de 800 élèves. En début d"année, ils ont distribué aux élèves de terminale un classeur pour l"orientation. "Nous avons énormément de demandes d"élèves très angoissés, explique José de Valverde. Cet outil doit leur permettre de mobiliser rapidement les ressources pertinentes pour les aider à la décision." Le classeur récapitule les différentes étapes pour construire son projet, avec un temps fort au premier trimestre, le Salon de l"éducation et de l"orientation, à Paris.

Mais attention, signalent les deux conseillers : un salon, ça se prépare. Sinon on risque de repartir encore plus désorienté. Les élèves, qui ont l"autorisation de s"absenter du lycée pour assister à des conférences, jeudi 27 et vendredi 28 novembre, ont reçu une fiche pratique pour mettre à profit leur visite. Andréas, 17 ans, en terminale S, s"est inscrit à la conférence "Que faire avec un bac S ?" Mais déjà, un rendez-vous avec Mme Niquège lui a permis de mieux cerner ses choix : il hésite entre devenir médecin ou ingénieur. "Le métier d"ingénieur ne m"attirait pas trop. Peut-être parce que mes deux parents le sont. Je devais faire un blocage. Maintenant je m"en fais une autre idée." Il a prévu de rencontrer, au salon, des professionnels et des formateurs pour mieux cerner les deux métiers qui le tentent.

Difficile pour un adolescent de choisir un avenir professionnel. "Les intérêts des jeunes évoluent et ne se stabilisent vraiment que vers l"âge de 18 ans", considère José de Valverde. Pour aider les plus indécis, les plus en difficulté, le conseiller d"orientation-psychologue travaille beaucoup sur les représentations que les jeunes se font d"eux-mêmes, de leurs résultats scolaires, des études, des métiers. "Sur quoi se base un élève pour se dire qu"une classe préparatoire ça n"est pas pour lui ?

Pour choisir ou rejeter telle ou telle filière ?", interroge-t-il.

Paradoxalement, certains élèves anxieux évitent de lire la documentation qu"on leur fournit pour ne pas s"angoisser davantage, ou éliminent spontanément certaines informations dérangeantes. Comme Anna, 17 ans, en terminale L. Elle envisage de faire un BTS pour devenir assistante de gestion sans réaliser qu"elle ne possède pas les connaissances requises (gestion, comptabilité...). Le métier de directeur artistique dans la publicité la tente aussi, mais là encore, elle ne mesure pas le chemin à parcourir. Un métier où l"on dirige des chefs de projets, où l"on sélectionne le meilleur travail.

Dans le même temps, l"adolescente manque de confiance en elle. "J"ai peur de me lancer dans quelque chose de trop ambitieux et d"échouer." L"université lui fait peur. "Un DUT information et communication pourrait constituer un compromis", propose José de Valverde, qui prévoit de la revoir rapidement et l"incite à consulter le petit dossier documentaire qu"il lui a spécialement confectionné.

"L"orientation est un processus complexe, explique Bénédicte Niquège. Nous sommes à la croisée d"une série de données familiales, scolaires, personnelles qu"il faut arriver à organiser pour trouver une solution personnalisée." Quant à José de Valverde, il déplore : "Avec un conseiller pour 1 500 élèves, on ne peut pas répondre comme il le faudrait à la demande."

Martine Laronche

Article paru dans l"édition du 28.11.08

| 27.11.08 | 15h29 • Mis à jour le 27.11.08 | 15h29

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